Testament authentique: comment le rédiger ou l'annuler

De son vivant, une personne peut décider de rédiger un testament afin d'anticiper sa succession, mais également d'avantager un de ses héritiers ou un tiers à sa succession, en lui transmettant tout ou partie de son patrimoine. Le testateur peut opter entre un testament olographe, un testament mystique, ou un testament authentique. Focus sur le testament authentique.


Rédaction du testament authentique


Le testament authentique est obligatoirement rédigé par un notaire : c'est un acte notarié qui impose l'intervention de deux notaires ou d'un notaire assisté de deux témoins.

Le disposant ou testateur dicte ses dernières volontés au notaire qui les retranscrit fidèlement. L'acte est ensuite lu pour vérification et modifications éventuelles, et signé par toutes les parties (le testateur, le ou les notaires, les témoins).


La lecture du testament est obligatoire et il est d'ailleurs possible d'envisager de contester sa validité lorsqu’aucune lecture n'en a été faite. Une jurisprudence constante considère que la seule “mention expresse” que la lecture a été faite est suffisante, même si cette mention ne précise pas que celle-ci a été précisément donnée par le notaire.

De la même façon, la signature du testateur est une cause de validité du testament authentique (article 973 du Code civil). Si le testateur ne signe pas l’acte authentique ou s’il ne le peut pas, alors le notaire doit expressément le rapporter dans le document. Cet élément peut cependant entraîner la nullité du testament.


Les témoins ne peuvent être ni héritiers ou légataires du disposant, ni membres de sa famille jusqu'au quatrième degré inclus. Les clercs du notaire ne peuvent pas non plus remplir ce rôle. Toutefois, depuis un arrêt de la Cour de cassation du 28 février 2018 (pourvoi 17-10.876), le partenaire de PACS du testateur peut être témoin à l'occasion de la rédaction du testament authentique de son conjoint.

Le notaire doit faire enregistrer le testament authentique au Fichier central des dispositions de dernières volontés (FCDDV) et le conserver dans les minutes de son Étude.


Au sein du testament authentique, le disposant doit indiquer précisément :

  • l'identité du ou des bénéficiaires de son legs et la répartition de ses biens en cas de pluralité de bénéficiaires 

  • l'identification de la part de son patrimoine dont il entend disposer, en numéraire ou en nature 

  • les indications à suivre au moment de son décès (enterrement ou incinération par exemple).


Modification ou annulation du testament authentique


Le testament authentique peut être annulé ou modifié par la seule volonté du testateur, toute sa vie durant. Le disposant doit avertir le notaire rédacteur du testament authentique qu'il souhaite modifier ses dispositions de dernières volontés et un nouvel acte est rédigé, annulant de plein droit l'ancien.

Il est toutefois possible de ne rédiger qu'un codicille, authentique ou sous seing privé. Le testateur ne précise alors que les modifications qu'il entend apporter à ses dernières volontés.

Le testament peut également être annulé au décès du testateur, en cas d'ingratitude du bénéficiaire ou de non-respect de ses volontés. L’annulation peut être demandée pour les raisons suivantes :


  • Sur la base de l'existence d'un vice du consentement. L'héritier doit prouver que la volonté du testateur était viciée. L’acte notarié établi du vivant du défunt peut être annulé s’il est constaté et prouvé par l'héritier l'existence d'une contrainte ou d'un abus de faiblesse. De la même façon, si l'héritier parvient à apporter au juge la preuve de l'altération des facultés mentales du testateur (maladie, sénilité, etc.), il peut obtenir l'annulation du testament authentique. Mais cette preuve est difficile à apporter.

  • Sur la base de l'atteinte à la réserve héréditaire des descendants et du conjoint survivant (en l'absence de descendant). Si ces héritiers particuliers n'ont pas été allotis de la part minimale que la loi leur réserve, le testament authentique peut être contesté sur cette base et ils peuvent demander à ce que le partage soit rééquilibré.

Extrait écrit par Léa Boluze et publié sur le magazine Capital du 28 Mai 2019

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